J’ai testé pour vous (et malgré moi): Le sur-entrainement en course à pied

Les addicts au running parlent souvent d’entrainement, mais les coureurs aiment moins de parler de sur-entrainement. Moi j’ai vécu cette phase l’année dernière et partager cette expérience avec vous permettra peut être à certains de commettre les mêmes erreurs que moi.

Tout a commencé avec une des pires soirées qu’on ait pu vivre en 2015 : Les attentats du 13 novembre. Le lendemain, je me réveille avec une sensation de gueule de bois et apprends que le semi-marathon de Boulogne, prévu 2 jours plus tard, a été annulé pour des raisons de sécurité. Evidemment, cette annulation n’a aucune importance compte tenu de l’horreur de cette journée, mais après un long cycle d’entrainement de 18semaines (voire l’article sur la méthode Hansons) j’étais vraiment déçue de ne pas pouvoir courir – et pars à la recherche d’autres semi-marathons. Ainsi, je me fixe l’objectif d’atteindre mon objectif de Boulogne lors d’un semi en Janvier, à peine 6 semaines plus tard que prévue  : « Si tu te sentais prête en Novembre, pourquoi tu ne le seras pas si tu continues à t’entrainer ? » me dis-je. Ainsi, je commets une erreur de débutante. Je ne tiens pas compte de mon état physique : Celui d’un coureur qui est arrivé à la fin d’un cycle et qui doit naturellement respecter une phase de repos afin de retrouver un état de relative fraicheur avant d’enchainer sur un nouveau programme d’entrainement qui monte en puissance progressivement. Si un plan de semi-marathon a été conçue pour 8, 10, 12 voire 16 semaines, on ne peut pas juste rajouter des semaines à volonté, au risque de voire ses performances stagner voire baisser. On m’avait déjà dit tout ca – mais je ne voulais pas l’accepter.blog-course-a-pied-surentrainement-symptomes

Déterminée malgré un moral déjà très affecté par les attentats, je saute les premiers trois quarts du plan d’entraînement me disant que je vais « juste » refaire les dernières 6 semaines. Avec du recul, j’ai du mal à croire que j’étais aussi naïve ! Les conséquences ne se font pas attendre: Au bout de 2 semaines d’entrainement, je commence à sentir qu’il y a un problème : Quand je cours, j’ai l’impression que je n’arrive plus à lever les genoux, je me traine. Je suis envahie par une immense fatigue qui semble s’installer dans chaque fibre de mon corps. Pourtant, je n’arrive plus à dormir : Je fais des insomnies, mets trois plombes à m’endormir en écoutant mon cœur qui bat anormalement vite et me réveille plusieurs fois dans la nuit…ce qui rend chaque séance encore plus pénible. Se rajoute à cela une litanie de bobos – oui, j’ai mal partout. Mon psoas, mon meilleur ennemi, se réveille et coince sérieusement, suivie par un inflammation du long peronnier, qui semble venir de nulle part. J’ai des mollets aussi durs que des pavés – et aussi douloureux. Puis je réalise que je n’arrive plus à respecter mes allures. Toutes mes performances, que ce soit sur du fractionné court ou lors des séances de seuil et séances spécifiques allures semi marathon, chutent soudainement et de manière assez impressionnante. Mon moral, déjà très affecté par les attentants, est au plus bas et j’ai même des sensations d’angoisses sans pouvoir expliquer pourquoi. Au travail, j’ai du mal à me concentrer, j’ai les larmes qui montent pour un rien et je commence à me dire que je suis tout simplement nulle. Courir ne me procure plus de plaisir, je me sens prisonnière d’une cercle vicieux- oh que c’est frustrant ! C’est le moment de tirer la sonnette d’alarme. En faisant le point sur tout mes symptômes, je fais un check-up chez le doc qui me confirme ce que mes recherches sur le web (mauvais réflexe du coureur !) m’avaient déjà suggérée : Je suis en état de sur-entrainement, et encore je peux m’estimer heureux de ne pas m’être blessée plus sérieusement. La pilule est très dur a avaler, mais la décision est sans appel : On laisse tomber son objectif initial, l’heure est au repos et à la récupération : Pendant 10 jours, je ne cours pas du tout et vais seulement 2 fois à la piscine ou je résiste à l’envie de compenser l’absence de course à pied par deux fois plus de natation. Mon corps et mon moral me disent merci : Quel bonheur de pouvoir dormir à nouveau, de voir mon corps reprendre des forces. Puis, je reprends un plan semi et sous la surveillance de mon coach d’athlétisme qui veille à ce que je ne dépasse pas mes limites et m’entraine pas uniquement beaucoup, mais surtout intelligemment.

Attention à la bigorexie !

On est toutes plus ou moins accro à la course à pied, mais pour certains coureurs, amateurs comme pro, la course à pied devient une véritable addiction et entraine des conséquences néfastes sur le plan physiologique et psychologique. La bigorexie est fréquent chez les coureurs car le running est un des sports qui secrète le plus d’endorphines, une substance qui nous procure une sensation de bien-être voire d’euphorie – qui parmi nous ne connait pas cette sensation d’ivresse à la fin d’une séance ou une course ? Contrairement à un coureur sain, le bigorexique n’est souvent plus en mesure d’interpréter ni accepter les signaux de fatigue que son corps lui envoie. Malgré un état de sur-entrainement, des blessures à répétition qui peuvent venir chroniques, il continue à courir beaucoup trop, tout en ayant l’impression qu’il n’en fait pas assez. Comme tout toxicomane, il doit augmenter sa dose pour retrouver les même sensations. Tout changement ou annulation de séance est vécue comme une agression inacceptable. Il sacrifie sa vie sociale et familiale, s’isole, voire ment à son entourage pour pouvoir assouvir son besoin compulsif et obsessionnelle d’aller courir. La bigorexie se soigne avec un psychothérapeute et sous l’oeil attentif d’un médecin du sport.

Photo: Fréderic Poirier Je porte: La collection Hiver de Sirun (j’adore!)

7 thoughts on “J’ai testé pour vous (et malgré moi): Le sur-entrainement en course à pied

  1. Je suis tout à fait d’accord avec toi. Il faut savoir mettre des limites. Il y a Sport et Sport. Il ne faut pas se rendre malade, ni se mettre la pression. Enfin je dis ça, mais j’avoue que je me la mets un peu.
    Enfin bon, l’essentiel est de se sentir bien avec soi-même.
    A bientôt !

    • oui tu as raison, il faut que je me le rappelle souvent par contre car je suis du genre à me mettre la pression et à vouloir me prouver des choses à travers le sport. Et ca ne marche jamais ! mes meilleures sorties, mes meilleures temps ont toujours été les jours ou j’étais juste bien et ne me mettait pas la pression ! comme quoi !
      a bientôt et merci pour ton commentaire!

  2. Aïe, j’espère que tu as pu te remettre ! Le sur-entraînement, c’est un peu ma hantise…
    En tout cas, j’ai pu voir passer les photos pour Sirun et je confirme, la collection est canon !!! Hâte de pouvoir la voir en vrai !
    Bonne journée !

    • Oui je m’en suis remise assez rapidement, au bout de 2 semaines le corps a repris les forces et j’ai repris un cycle nouveau qui est monté en puissance graduellement.
      Oui la collection est juste trop trop beau!!!! et les materiaux: incroyables !

  3. Ton article tombe à pic, je vais courir le semi de Lyon dimanche et j’avais prévu d’enchaîner directement sur une prépa dans le but de courir un 30km fin novembre. Mais ça fait une semaine que je suis tout le temps fatiguée du coup je me dis que je devrais surement faire une petite pause au moins la semaine prochaine pour reprendre des forces avant ce nouvel objectif.

    • Tant mieux si l’article tombe au bon moment! Après un semi, mon coach d’athlétisme nous « préscrit » toujours une semaine de repos obligatoire et non compressible ^^ Donc oui une semaine de repos complet et ensuite enchainer sur une nouveau cycle me parait la bonne idée ! après avoir testé moi même le contraire lol
      bon semi dimanche !!!!!!!

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