Mon premier Marathon, que du plaisir!

J’ai décidé de profiter de mon premier marathon pour faire un peu le point sur mon envie de courir. En effet, je sors d’une prépa qui avait virée à l’obsession personnelle d’un objectif – 1h37h30 au semi – et j’ai réalisé que j’avais besoin de me rappeler pourquoi je m’étais mis à la course à pied il y a quelques années : Pour le plaisir.

Avant de me faire plaisir par contre, j’ai du surmonter une petite catastrophe qui me fait bien rire maintenant: En effet, j’avais préparé sagement tous mes affaires le vendredi avant, en essayant toute la tenue, des chaussettes jusqu’au lunettes de soleil… pas besoin d’essayer les chaussures, j’ai couru près de 400 km avec, ils sont prêt devant la porte. C’est ce que je me dis… Le jour J je m’habille donc, prend mon petit déj, dit aurevoir à mon chéri et ferme la porte derrière moi pour mettre les chaussures….qui ne sont pas là. Il y a bel et bien toute ma collection de running, mais pas LES chaussures avec lesquels je cours depuis des mois, celles avec mes semelles. J’aurais aimé voir mon visage à ce moment là, sans doute une grimasse entre choc et incrédulité quand je réalise que je les ai oublié chez mes parents le dimanche passé, jour de ma dernière séance. Je panique, mais mon uber m’attend en bas, alors il faut faire vite: Je prends avec moi deux paires de running, une paire complètement usés, sans amortie, et une autre plus récente mais..un peu trop petite.  Le dilemme. Après quelques tests devant les consignes, je décide de sacrifier mes ongles de pieds pour le bien de mes articulations: Ainsi je pars pour la ligne de départ de mon premier marathon dans une paire de running trop serrée et jamais portée durant l’entrainement…. #loser

Mais revenons à mon but de plaisir que pour le plaisir. Afin d’y arriver et ne pas commencer à me dire « tu devrais tenter ceci ou cela… » j’ai donc choisi le SAS de 4h. L’ambiance est déjà folle au départ, j’oublie mes chaussures pour nains et ne résiste pas à la photo avec l’Arc de Triomphe dans le dos. blog-running-france3Je m’amuse à compter les nationalités. Le monde est réuni à Paris ce matin là, et Paris est à la fête ! Tout le monde autour de moi parle de la météo, on craint les coups de chaleurs – crainte qui se révèle avérée par la suite. J’ai quand même un coup de frisson au départ, ça y est, je me lance sur la distance reine et même si je ne veux pas « tapper dans le dur », j’ai l’appréhension de courir une distance inconnue. Je pars donc doucement. Très doucement. Pépère même ! Ce qui est chouette c’est qu’à 5’40’ au kilo je prends le temps de profiter de la coulisse spectaculaire autour de moi, la descente des Champs Elysées, admirer l’Hotel de Ville, Place de la Bastille….mais punaise, qu’est-ce qu’il fait déjà chaud ! Equipée de mes 5 gels, je suis tout de même contente de ne pas avoir de stress et m’arrête presque en marchant au ravito : Histoire de m’hydrater mais aussi pour gouter un peu ce que le chef offre ce jour là – ben oui, je n’ai jamais le temps sinon !

Les km défilent comme dans un film, on est sortie des quartiers touristiques de Paris et dans le parc de Vincennes, déjà km 16, 17…La chaleur n’est plus un sujet de discussion, c’est un fait qui peut devenir fatal. Je pense à tous ceux qui se sont entrainés pendant des mois dans le froid et doivent affronter des conditions pareilles finalement. Je suis de nouveau soulagée d’être ici sans objectif chrono et décide de continuer en mode pépère, de rester autant possible à l’ombre… tout en me demandant comment se sentent tous ceux qui, malgré les prévisions météo, courent en collants et en manches longues….je transpire rien qu’en les regardant. C’est alors que je suis dépassée par le meneur d’allure de 3h45 (eux aussi sont partis pépères, tiens!) et son troupeau de fidèles…je les laisse filer sans regrets, tout en constant avec amusement que la scène ressemble à Forrest Gump suivie par ses fans.

Mais c’est quoi ca ? Je sens un sentiment d’angoisse monter en moi lorsque je mon psoas, mon meilleur ennemi, commence à faire le siennes. Je pense aux conseils qu’on donne aux stressés comme moi, issues de la méditation et de l’hypnose : Je ne lutte pas, j’accepte, je respire et je m’arrête quelques secondes pour l’étirer rapidement avant de repartir, à nouveau zen et confiante. En plus, mon chéri ne devra pas tarder à apparaître sur la gauche…mais seulement après une bonne douche ! En effet, l’organisation s’est adapté aux températures et nous arrosent avec des pompes à eaux, on a presque envie d’en profiter quelque minutes… mais n’exagérons pas, on est quand même là pour courir. Pour certains malheureusement, les douches viennent trop tard, je vois les premiers coureurs s’arrêter, marcher, abandonner…..pris à court par des températures que leurs corps ne connaissait plus depuis 8 mois. J’ai mal au cœur pour eux, d’autant plus que beaucoup ont justement du avoir un chrono qui s’envole avec eux dans l’ambulance.

C’est peu après le 18ème que j’entends la voix de mon homme – je prends le temps pour faire un bisou et éclater de rire quand il me lance «allez, rattrape les 3h45 ! » Non, je veux m’amuser tout simplement. Par contre, même là, voir le visage d’un proche lors d’un marathon vaut de l’or, c’est une sorte de gel magique, ca rebooste. Je suis alors vraiment de bonne humeur, je m’amuse, moi, qui habituellement ne regarde que mon chrono et considérais qu’on ne fais pas pour une course si c’est juste pour faire un footing! Les km 20 à 25 seront les plus lents de la course, je suis à une allure qui me ferait arriver à 4h08, plus de 22minutes plus tard que les recommandations initiales de mon coach. Et pourtant, la sensation de bonheur est total en passant le semi, le temps n’a plus d’importance: J’ai les larmes aux yeux et des frissons, je suis euphorique et envie de sauter au coup de tous ces supporteurs qui nous encouragent sans cesse. On nous appelle par nos prénoms, on applaudit…après les douches d’eau froide, tous ces inconnues et les bénévoles sont une véritable douche de bonheur. Je ressens une énorme gratitude de pouvoir d’être là. Je pense aux bonnes ondes que m’a envoyé Runninglicious – ils sont bien arrivés, merci! :) blog-mode-running

Après le pic de l’euphorie, je réalise que je m’approche des 30km, qui est pour moi la frontière avec le no man’s land : je n’ai jamais couru plus de 27 km, et me rappelle tous les histoires qu’on se raconte….tout en me rassurant : Non seulement j’ai couru doucement, mais j’ai l’impression d’avoir bu plus d’eau que durant toute ma prépa, et avoir accumulé à coup de bananes et de gels des réservées glucidiques pour trois ans. Bref, quand je vois donc le 30ème km arriver, j’espère que ca va passer. Et bien, ca passe! Je lève les bras en signe de victoire personnelle, c’est un moment vraiment très fort en émotion, du jamais vécue… !

Immédiatement après, je me sens pousser des ailes, me fait embarquer par la vague d’euphorie – qui va de pair avec la chaleur qui commence à me peser. Heureusement que j’ai une nouvelle pompe à douche pour me rafraîchir au bout de quelques mètres, sans parler des nombreux bacs à eaux…l’organisation est vraiment au top, les bénévoles ont fait un travail de fou !

Désormais, j’ai l’impression que plus rien peut m’arriver et je fais ce que j’aurais, soyons honnête, voulu faire depuis le début : J’accélère. Je passe de 5’50 – 6′ à 4’45 au kilo et … je m’éclate ! Enfin des vraies foulées, enfin cette impression de voler, enfin le droit de m’accorder un petit challenge que je ne peux que gagner :Rattraper un maximum de temps en me faisant plaisir. Ainsi passent ils comme dans un rêve, les derniers 10km : je me fraie un chemin à travers les coureurs, je dépasse des centaines de personnes, je suis dans ma bulle de bonheur, je salue mon chéri au km 32 – pas de temps pour un bisous cette fois ci -, suis encouragé par une amie qui me donne le boost final au km 34, m’arrose avec la bouteille d’eau du dernier ravitaillement…Je ne le sais pas encore, mais les 10 derniers kilomètres de mon marathon seront les plus rapides de toute la course.

Et puis, je franchis l’arrivée, à 3h59’13. Pas épuisée, mais folle de joie. Plus important encore, en dehors d’un sacré coup de soleil – et deux ongles de pieds en moins – j’emporte ce jour là la conviction que courir pour le plaisir est un objectif sacré!

blogueuse-course-a-pied-runningUn autre finisher m’explique que j’étais en train de poser avec la médaille à l’envers….

8 thoughts on “Mon premier Marathon, que du plaisir!

  1. BRAVO Naëlle !!!!! C’est tellement incroyable de te lire, on vit réellement ce marathon de Paris à tes côtés. Quel courage et surtout quelle énergie d’avoir été apte à accélérer à la fin !!! Tu m’épates.
    Bisous

  2. Mais bravo pour ce beau marathon si bien raconté ! Et merci pour la référence Ca me touche !! En courant les 10 derniers km j’ai bien pensé à tous ces courageux marathoniens. Bravo et sois fier de toi !!

  3. Pingback: Blog mode paris: Perfecto bleu vegan de chez Zara avec un tutu de ballerina noir | Once, in Paris

  4. excellet, bravo! je me suis mise à la course il y a seulement quelques semaines, autant te dire que ton épreuve ressemble au parcours du combattant pour moi, quel courage!
    bises
    flo

  5. Gaëlle

    Magnifique récit! Merci de nous avoir fait vivre cette course avec toi…
    Je crois que la paire de basket manquante m’aurait réellement fait paniquer (aurais-je renoncé à prendre le départ??? je me pose la question!)

    Personnellement je cours d’abord pour le plaisir, sourire aux lèvres sur toutes mes courses avec dossard, et aussi un peu pour le chrono :)
    Je n’ai encore jamais couru de marathon mais ton récit me donne vraiment envie!

    • merci!!! et tu n’es pas la seule qui m’a dit qu’elle n’aurait peut être pas pris le départ. j’avais la pression vu que je courais pour Medecins sans frontières, je n’avais pas vraiment le choix lol

      tu as raison de courir pour le marathon et raison d’avoir envie de courir le marathon cest une expérience inoubliable!

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