Le 10km du 14ème: 42min et 59 sec de bonheur

Ah les 10 km et moi, c’est toute une histoire. Je vous en ai parlé ici sur le blog :  le dernier datait de Juin 2016 et je n’en garde pas un bon souvenir.  Au fil des 3 dernières années, j’ai associé à cette distance surtout la notion de souffrance et n’avais jamais réussi à  passer sous les 44:45 alors que je progressais pendant les entrainements.  Quand j’ai planifié ma saison 2016 / 2017, il était cependant évident qu’il fallait en courir: Non seulement c’est ce qui est le plus logique quand on se prépare pour un semi marathon, mais je me disais aussi qu’à défaut de courir les temps que je veux et d’aimer ça, courir des 10km serait une bonne occasion de souffrir et renforcer son mental (#positiveattitude ou #masochiste, allez savoir).

Bref: Me voici inscrit au 10 km du 14ème arrondissement de Paris. Je m’étais fixée comme objectif 43 :30, histoire de peut être viser 43 cet été et se qualifier pour les championnats de France – mais contrairement au coach je n’y crois pas, justement à cause de tous ces 10km ratés.

Il fait -4 , j’ai fait mon échauffement en sautant sur place tout en faisant la queue pour les toilettes….et oui je suis multitâche ! Comme d’habitude je suis un peu à la bourre et me place donc à la fin du peloton, c’est malin !

L’ambiance est bonne, ça bouge et nous voilà partis, enfin, on part comme on peu : le peloton fait à peine quelques mètres avant de bifurquer radicalement à gauche.  Les ruelles de ces premiers 3 km ne sont pas adaptées à une course mais tant pis, je le savais et faut faire avec. J’ai du mal à trouver mon rythme, le premier km passe à une allure semi, c’est au km 2 que je me mets à 4’20 et envoie une petite prière au ciel : pourvue que ça passe !  Par contre il faut continuer à zigzager, dépasser  les coureurs en jouant presque aux coudes, en passant sur les trottoirs et à éviter les piétons incrédules qui eux se demandent légitiment qui sont ces fous venus affronter le froid glacial un dimanche à 9h30.

Le km 3 est passé (déjà ?), je me sens très bien mais je n’y crois toujours pas:  « Ne t’emballe pas, surtout ne t’emballe pas…. »

En effet je me demande combien de temps cela va durer?  La « chute » doit bien m’attendre quelque part, comme à chaque fois non ? Je guette. Pourtant, le 4ème km passe aussi, un peu trop lentement même en 4,25. J’accélère un chouillard mais je me sens toujours très bien. Mieux :  J’ai l’impression de voler, j’ai l’impression d’avoir une belle foulée, j’ai  l’impression que c’est facile. C’est agréable…c’est louche ? 

Drôle de sensation. Je suis à la fois heureuse et guette frénétiquement tout signe de fatigue. On approche le 5ème km,  c’est là que je croise deux copains venus jouer les pompons-girls, je fais le pitre en les voyant et suis étonnée à quel point je suis détendue… Le 5ème km est synonyme de fin de première boucle et ça monte un peu, mais pour une fois ça ne me fait pas grand-chose…et quand on entame la deuxième partie de la course je commence à vraiment aimer cette course ! J’aime les petites ruelles, j’aime le fait que ça tourne pas mal dans tous les sens, ça m’amuse: j’ai l’impression d’être dans le jeu PACMAN, ou Mario cart: gauche-droite-gauche-droite-tout droit gauche droite… oui l’euphorie  crée des drôles d’images parfois. Elle fait accélérer aussi: 4:08 pour le 6ème km, je me lâche et me freine aussi tôt: Quand on dépasse le 7km (4’16)  et que je réalise qu’il reste rien du tout, que 3000 tous petits mètres, je me dis que c’est pas croyable, qu’ENFIN un nouveau RP est à ma portée : je vais réussir, je vais atteindre mon objectif de 43 : 30 !

…et pourquoi pas viser mieux ?

C’est fou à quel point on peut vivre des films, des romans, des petits drames personnels quand on court une course. Durant ces 3000m, j’ai vécu un suspens incroyable.  Je regarde mon chrono et voit l’allure moyenne chuter à 4’20. Surtout ne rien lâcher.  Bien respirer, bien lever les genoux, tenir. Accélérer, s’approcher de la limite mais ne pas non plus faire une bêtise et s’écraser au 9ème. La montée du 8-9km est là et alourdit les jambes.  Je sors certes de ma zone de confort mais non, je ne souffre pas et j’ai du mal à le croire: Je mettrais respectivement 4’10 et 4’14 pour ces deux km non-roulants!

Ma montre vibre : On a passé le 9ème km.  Je suis nulle en maths, encore plus quand je cours, mais là si je me trompe pas je suis bien en dessous de mon objectif de 43 :30; si je ne me trompe pas, le Sub-43 est à quelques secondes, à condition que je me bouge les fesses…

…et là je me mets à courir. Mais genre vraiment.

Je cours comme si j’allais louper l’avion le plus important de ma vie, le dernier bus pour rentrer chez soi (et qu’on n’a pas d’argent pour un taxi), je cours comme si j’avais un alligator (parisien) à mes trousses, bien décidé de me dévorer.  Je crois que c’est avec le regard d’une folle que je regarde mon chrono, les secondes qui défilent et se rapprochent du 43…. tu peux le faire, tu peux le faire, tu peux le faire…

Elle est là, la ligne d’arrivée. Je me jette presque dessus.

… 42 :59.

In-cro-ya-ble. Je me suis offert un RP en négative split, une amélioration de 1’47.

Puis ce 59 de folie. Ce n’est qu’une seconde, mais cette seconde m’a catapulté dans la catégorie du Sub-43 et au 7ème ciel. Ce n’est qu’un 10km mais j’ai les larmes aux yeux….je crois qu’il faut courir pour comprendre cette sensation d’exploit, cette vague de bonheur qui nous envahit quand on comprend que oui, le travail a payé.  J’ai enfin couru cette course qui me fallait pour reprendre confiance en moi, cette course dont on rêve tous : La course « pure bonheur »  du premier au dernier km.  Voici une photo qui illustre ce bonheur :-)

 

6 thoughts on “Le 10km du 14ème: 42min et 59 sec de bonheur

  1. Mirandolina

    Du schreibst super gut, spannend – einfach super! Und du selbst bist es auch! Ich gratuliere!

  2. Coucou Naelle !! Juste pour te dire que je trouve tes chronos bluffants et que tu m’impressiones ! En plus, tu nous refais un RP à Vincennes avec un podium !! :D Rien ne t’arrête !
    A+ !

  3. Elke

    Naelle – ist bei dir alles in Ordnung?
    Wenn du keine Zeit für einen ‘ausgewachsenen neuen Post’ hast, freuen wir uns alle, wenn du wenigstens ein kurzes Lebenszeichen absetzt.

    Liebe Grüße

    Elke

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