Blessures et course à pied: Conseils et secrets du kiné

Il y a quelques mois, j’ai dit en rigolant à « ma » kiné que je la voyais plus souvent que ma meilleure amie. En effet, suite à une tendinite – dont j’ai parlé ici – j’y allais 2 fois par semaine ! Je sais que je ne suis pas la seule coureuse dont le rendez-vous chez le kinésithérapie fait partie des rendez-vous réguliers durant l’année, et je n’arrête pas de lui poser pleins de questions: Quelles sont les blessures les plus fréquentes en course à pied?  Est-ce que les filles qui courent se blessent plus rapidement en course à pied que les hommes?  Comment soigner les blessures du coureur ?! Etc, etc…. Résultat: Sept questions à ma kinésithérapeute qui pratique également la course à pied – une personne digne de confiance donc ! ^^

1. C’est quoi au juste, la kinésithérapie ?

Elle a pour but de traiter par le mouvement. Le kinésithérapeute va chercher à mobiliser et renforcer pour redonner une fonction. En ville, ce qui est le cas de la majorité des pratiquants de course à pied, le travail du kinésithérapeute sera essentiellement curatif. La kinésithérapie a pour but d’orienter le processus naturel de guérison et de l’accélérer par l’utilisation de techniques manuelles et instrumentées. Dans un second temps, le grand rôle de la kinésithérapie va être de réduire le risque de blessure et d’amener le sportif à se prendre en charge pour éviter la récidive. Le travail préventif démarre à ce moment-là (conseils diététiques et d’auto-rééducation, éducation à une bonne hygiène de vie, recherche de la cause de la blessure…). Au sein d’un staff médical et d’une équipe sportive, le kiné joue tous les rôles précédemment cités avec en plus un gros travail de reprise de l’exercice sur le terrain, d’observation du geste pouvant être lésionnel.

2. Quel rôle joue le kiné dans la prévention ?

Notre système actuel de soins commence seulement à développer de la prévention – mais dans le cadre de la maladie, pas tellement dans un loisir sportif. Le coureur rencontre un kinésithérapeute suite à une blessure. La prévention se met en place ensuite, pour éviter la récidive et éduquer le sportif à une bonne hygiène de vie (diététique, hydratation, repos, équipement, soin en général…). Le retour sur le terrain et la reprise de l’entraînement peut être encadré par un kinésithérapeute notamment pour orienter le renforcement musculaire spécifique et le travail de l’assouplissement articulaire et musculaire. blog-kinesitherapie-course-a-pied

3. Quelle est la cause de blessure la plus fréquente chez vos patients runners ?

Les douleurs aux genoux ou aux chevilles/pieds. Le syndrome de l’essuie- glace est très redouté et fréquemment développé par les personnes s’entraînant avec trop d’intensité et des chaussures usées ou mal adaptées. Il s’agit d’une inflammation du fascialata qui « frotte » sur la partie externe du genou. Au niveau du genou, les coureurs se trouvent confrontés également aumollet. Finalement, on rencontre aussi beaucoup de coureurs qui développent petit à petit des inflammations du plan postérieur de la jambe, telles que la tendinite d’Achille, l’aponévrosite plantaire allant parfois jusqu’à l’épine calcanéenne, une douleur que les coureurs comparent souvent à la sensation d’avoir une aiguille plantée dans le talon.

4. Y a-t-il des douleurs spécifiques au « Coureur débutant » et au « Coureur Confirmé » ?

Débutant ou confirmé, le coureur sera sujet à ces mêmes blessures mais sûrement pour des raisons différentes. Le débutant se met à courir après, parfois, un arrêt prolongé du sport, avec peut-être quelques kilos en trop ou une volonté de relever un défi. Un entraînement trop intense ou mal conduit peut amener le coureur à développer des tendinopathies – les tendons ne sont tout simplement pas prêt pour l’effort qu’on leur demande soudainement. Pour le confirmé, la problématique de l’équipement reste la même par contre s’ajoute à cela la volonté de performance et le risque de surentraînement. Dans un cas comme dans l’autre, il faut plutôt s’écouter, respecter des phases de repos et construire son entraînement en suivant un plan ou les conseils d’un coach.

5. Est-ce qu’il y a des blessures de « filles » ?

blog-running-course-a-pied-paris-kinesitherapie-conseilsPhotos: Fréderic Poirier Tenue Running: Sirun Paris

Pas particulièrement. La spécificité de la femme par rapport à l’homme reste la menstruation et la perte en globules rouges et en eau que cela implique. D’un point de vue physique, les femmes sont plus souples – ce qui les rend plus sujettes aux entorses et aux lésions ligamentaires. De plus, comme les femmes ont plus souvent des genoux en X (le Genu Valgum), elles sont plus prédisposées à un trouble de l’appui et de l’attaque du pas au sol. Les femmes sont plus souvent pronatrices, ce qui augmente alors le risque de douleurs des genoux ou aponévrosites plantaires. Par ailleurs, elles sont pourvues d’une masse grasse plus importante et d’un plus grand nombre de fibres musculaires lentes, ce qui leur permet d’être plus endurantes et plus performantes sur les efforts longs (semi-marathon, marathon et plus).

6. Ultrasons, électrostimulation, massage profond… pouvez-vous nous parler de ces différentes techniques et comment elles aident ?

Leur objectif principal est d’orienter la cicatrisation puis de renforcer le muscle redevenu sain. Imaginons par exemple qu’un coureur souffre d’une tendinite : le tissu tendineux est enflammé donc gonflé, douloureux, en perte d’élasticité. L’utilisation des ultrasons va permettre de faire circuler les liquides et de drainer la zone traumatisée aidant la cicatrisation naturelle du tendon. Une fois le tendon non douloureux, l’idée est de redonner une bonne longueur et une bonne élasticité au muscle. On pourra passer aux techniques d’assouplissement et d’étirements doux. Ensuite, l’utilisation d’électro-stimulation se fait dans le but de stimuler la contraction musculaire. Il permet de conserver le potentiel contractile des cellules musculaires et d’augmenter l’afflux sanguin dans la zone stimulée. Il ne faut par contre pas oublier qu’un muscle a une fonction: L’électrothérapie seule ne suffit pas. Il faudra faire du renforcement musculaire en charge et en action en fonction de la pratique sportive.

7. Que faut-il faire idéalement pour ne jamais se blesser ?

L’auto-rééducation et l’entretien de son corps est essentiel pour espérer continuer le plus longtemps possible et dans les meilleures conditions la pratique de la course à pied. Il faut ménager sa monture. Il est indispensable de s’échauffer avant chaque entraînement, pour le cœur et pour augmenter l’afflux sanguin vers le muscle ! Pendant l’effort, s’écouter et savoir s’adapter en fonction de son état de forme ou de fatigue. Après l’effort, s’hydrater et manger en conséquence compte tenu du traumatisme et de la consommation énergétique générés par la course. Il est primordial de respecter une hygiène de vie correcte en termes d’alimentation et de sommeil pour récupérer des capacités musculaires normales entre chaque exercice physique. Préparer son corps à courir peut être une bonne façon de varier les plaisirs tout en restant actif : renforcement musculaire (gainage, squats, fentes, abdominaux…), vélo ou natation (qui sont moins contraignants pour les articulations)… Enfin, il faut penser aux assouplissements à distance de la course, sous forme d’étirements non douloureux et doux.

J’espère que cet article vous a été utile !

Alors, voyez vous un kiné régulièrement ? Pou quel type de problème – ou en prévention aussi ?

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