10km de l’équipe: Vous avez dit roulant?

On est dimanche quand j’écris ces lignes, et il paraît que les meilleurs récits de course sont ceux fait écrit « à chaud »…je commencerai donc par la phrase qui ma hanté durant les 10km de l’équipe :

ROULANT ? MAIS C’EST PAS ROULANT BORDEL !

Ah, ça fait du bien d’extérioriser les sentiments. Maintenant, on peut commencer par le début.

Ce dimanche, le réveil sonne à 7h après une nuit agitée, comme d’habitude. Que ce soit pour un marathon ou un 10km, j’aime me mettre dans un état de stress digne de quelqu’un qui veut se qualifier pour les JO. (Ce qui n’est pas mon cas, je le rappelle au cas ou). Il est temps de courir le 10km de l’équipe, qui tombe pil poil 4 semaines avant le dernier objectif de l’année, le semi des vikings.

Je me mets en route – et e suis comme d’habitude frappée par la malédiction des transports. Mon RER vient d’être annulé, j’arriverais donc au consignes à peine 10minutes avant le départ de mon SAS, à 9h05, lui même à 10 minutes en trottinant du départ. Ceux qui me connaissent savent que c’est pas inhabituel, « être à l’arrache » est un peu une malédiction, je n’y peux rien. Légèrement (…) stressée, j’arrive tout de même à temps dans le SAS des jaunes : 43 minutes. Je vise 43,30, je me mets donc tout derrière du SAS, la tête du SAS de 47 minutes qui soudainement me paraît plus sympa que le mien. Mais j’avoue que je me réjouis de voir qu’il y bien plus d’hommes que de femmes autour de moi : Mon égo avait pris un sacré coup lors des cours d’EPS au collège quand les garçons nous faisaient croire que les filles était par principe plus nulles qu’eux. PS : Parmi les gars, il y même un gars déguisée en énorme poulet. J’ai pas cherché à comprendre, lui non plus je crois.

D’un coup tout le monde avance, on se rapproche du départ et ca y est, j’ai commencé à courir le 10km de l’équipe. Zen, me dis-je en sentant mon cœur s’emballer. Les gens autour de moi partent comme des fusées, bien plus rapide qu’un allure 43min. Je les laisse faire, je suis bien décidée de suivre les indications du coach et faire les premier 2km à 4’25 pour accélère ensuite. Mais, qu’est ce qu’elle fait ma montre ? L’allure ne semble pas correspondre du tout à mon allure habituelle…et je comprends qu’elle est réglée en min/miles et non min/km. Ca commence mal, je panique et me demande quo faire. Surtout, Je réalise que j’ai commis ma première erreur de débutante (pas aussi grosse que celle lors du marathon mais quand même) : J’ai changé le réglage de ma Garmin 225 la veille au soir, je voulais qu’elle indique mon allure en moyenne sur toute la course au lieu de l’indiquer uniquement au moment T. Comme pour tout matériel de course, j’aurais du tester le tout….ainsi que je cours 1 km tout en changeant les paramètres de ma montre et à essayer de courir à une allure que j’estime à 4’25. Bref, pas super zen le départ !blog-running-course-a-pied-paris

Et puis punaise, il fait humide. J’ai déjà chaud et on vient de passer les 2km. Je suis à 4’20 par km et essaye de me mettre en auto-pilote…quand je sens un truc bizarre. Mais, heu, ca monte là?! En effet, on court maintenant sur un faux plat qui se transforme en montée au fur et à mesures que la rue Saint Antoine se rapproche de Bastille. « Mais on m’avait dit que c’était plat !? Que c’était un parcours roulant ? «  Suis-je une débutante à ce point là, ce n’est pas roulant ça, si ? » Et je réalise que j’ai commis une autre erreur de débutant : Si on vise un chrono, mieux vaut faire une reconnaissance du parcours. Ca permet de ne pas être surpris, de s’adapter mentalement. Le problème est justement que mon mental n’est pas encore assez aguerri pour s’adapter à une course qu’on m’a vendue comme roulant et qui au final ne l’est pas. Et il n’y a pas de service après vente, maintenant faut bien la monter, cette avenue Saint Antoine, l’avenue Daumesnil (je ne veux plus jamais la revoir celle là, ou seulement en descendant) Comme je ne suis pas ne traileuse qui a l’habitude des dénivelés, je suis déstabilisée, j’arrive tout de même à tenir 4,25 jusqu’à la place Daumesnil. C’est promis, une fois arrivée, je me stabilise à nouveau à 4’20…Ou pas. Un virage serrée à gauche, on est dans l’avenue Michel Bizot et…ca monte encore. Mes pensées ressemblent à ca : « Argh , pfiuuuu, roulant ? roulant?!?!) J’essaye de m’y faire, mais je dois avouer que je souffre, je me sens bien seule lors de cette course nommé l’équipe…et hop, c’est le début des pensées négatives, défaitistes. Je ne lis pas beaucoup sur ces moments dans les récits de courses, mais pour moi c’est un vrai problème. Ainsi, je me suis harcelée moi même pendant bien 3km, jusqu’au 8ème. Au menu: Tu n’y arriveras pas / tu es nulle / tout cet entrainement pour courir à 4,40 maintenant, super ! /Peut être tu devrais arrêter la course à pied / Tu vois bien que ca ne sert à rien / Tu es trop lourde ! / c’est pas pour toi, arrêtes toi et marche un peu etc etc / Ah, est ce que je t’ai déjà dit que tu es nulle ?…C’est assez terrible, mais c’est aussi révélateur. La course à pied m’a beaucoup appris sur moi même : Ainsi mon manque de confiance en moi est là, comme une grosse claque accompagnée d’une voix au plus profond de moi et qui, de toute évidence, ne croit pas du tout en moi. Comme je disais à mon coach, cela ne me pose pas de problème de faire un discours improvisée devant 250 personnes, et je vais courir par tout temps, je n’évite pas en temps normal… mais à chaque course je vis un moment ou je veux juste fuir. Ce manque de confiance est comme un gros mur, comme un poids qui rend mes jambes plus lourdes qu’elles sont. Je ralentis sérieusement, et pour tout dire j’ai juste envie que ça s’arrête. Et soudainement il est là. Déjà ? Le km 9 est annoncée et me secoue. Ils ne me restent que les fameux « 2,5 tours de stade» ! Soulagée, j’arrive à retrouver le plaisir de courir j’accélère dans cette longue descente avenue de la République, j souris pour le photographe en faisant le signe de la victoire.blog-course-a-pied-running-blogueuse

Et puis, je franchis l’arrivée, j’entends des « c’était dur quand même » autour de moi.. après quelques mètres, se produit ce qui se produit à chaque fin de course : Une envie irrésistible de recommencer. Non seulement pour prendre ma revanche – le chrono affiche 44,45, 1min et 15 minutes plus tard que prévue – mais parce que c’est tellement bien, la course à pied ! J’ai l’impression de parler comme une femme qui vient d’oublier qu’elle a vécue un accouchement difficile, je surfe sur une énorme vague d’endorphines. Avec le recul, je me dis que j’ai bien fait de faire le signe de la victoire au photographe : J’ai vaincue l’envie d’abandonner, et je sors de cette expérience plus forte, déterminée et surtout : Plus addict à la course à pied que jamais ! Vivement le semi des Vikings, et vive la course à pied !

(Par contre que plus personne ne me raconte que le 10km de l’équipe est roulant, ok ? Merci.)

5 thoughts on “10km de l’équipe: Vous avez dit roulant?

  1. Mina

    Au moins tu es franche et c’est pour ça que j’aime ton blog !

    je suis débutante en running, mais en 2 courses, me suis aperçue que j’étais différente dans ma course et côté mental…
    et finalement, c’est ce qu’on recherche, non ?

    Bref, good luck pour le semi :))))

  2. Chloé

    Naelle, j’ai lu ton billet car j’hésite à faire l’équipe ce dimanche et c’est super troublant ce CR car je réalise que je me dis actuellement la même chose sur une course , genre je suis nulle, j’ai pas ma place dans ce sport, j’y arriverai jamais….bref j’ai une confiance en moi niveau -10000. Je sais que depuis quelques temps tu as changé de posture. J’ai tellement envie d’y parvenir à mon tour. Et gagner confiance en moi dans ce sport et dans tout D’ailleurs !
    À très vite

    • Je te reponds beaucoup trop tard mais sache que c’est un procesus et que tu peux y parvenir! j’ai eu un vrai déclic cette année!

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